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UNE PSY ... CAUSE

UNE PSY ... CAUSE

Un regard intime (et féminin!) sur la société, la famille, la personne ... et les psychothérapies!


NI GRONDER, NI OUBLIER DANS UN COIN

Publié par Marie-José SIBILLE sur 13 Septembre 2010, 07:54am

Catégories : #On peut choisir sa famille

enfant au coinNous pouvons nous souvenir de notre enfance comme d’un pays proche ou exotique, comme d’un voyage calme ou mouvementé, dont nous avons rapporté quelques films et quelques albums photos.

Mais se souvenir vraiment de son enfance, c’est rester en contact mental, affectif, organique avec l’enfant que j’étais, que je suis encore quelque part en moi.

Oublier dans un coin cet enfant est le plus grand obstacle à l’émergence de l’adulte, du parent, de l’éducateur.

Cette empathie intérieure, si importante à cultiver, est une des clés essentielle de la Psychothérapie, une de celles que la nouvelle loi sur les psychothérapeutes ignore totalement en ne reconnaissant pas le travail sur soi comme l’un des invariants incontournables de notre métier.

Quand cette empathie envers soi-même est activée, elle permet de comprendre les besoins de l’enfant que j’ai en face, ou à côté de moi. Ses besoins de douceur et de force, de repères et de liberté ; le besoin qu’on lui montre comment faire ; le besoin d’être accompagné pas à pas, plutôt que d’être « grondé », ou oublié dans un coin ; fut-il, ce coin, habité par la télévision ou un jeu vidéo.

Rester en lien avec l’enfant à l’intérieur de soi ne veut pas dire ne pas être adulte, au contraire. C’est peut-être même le signe que l’adulte est enfin là. Car l’adulte n’a plus peur de l’enfant à l’intérieur de lui. C’est le faux adulte, l’enfant mal vieilli qui a peur de l’enfant en lui, et des comptes que celui-ci pourrait lui demander. Cette « grande personne » que nous croisons si souvent au travail, à l’école, et dans notre miroir le matin, cet être souvent dépressif et activiste à la fois, a gardé de l’enfance l’immaturité et l’inconscience ; il en a gardé la soumission aveugle aux pouvoirs en place ; mais en a perdu les rêves, les possibles, la soif d’apprendre, l’innocence et l’émerveillement.

Ce faux adulte là ne pourra pas transmettre autre chose que ce qu’il est. Moins bien soutenu par le tissu social que dans le passé, il oscillera entre laxisme, abandon et répression, en bon miroir de notre politique actuelle.

Car il faut bien le dire, la plupart des parents essaient de survivre aujourd’hui dans une société qui leur demande toujours plus, toujours plus vite ; et il est difficile, voire impossible dans certains cas, de faire ce retour sur soi, cette régulation émotionnelle et relationnelle quotidienne, encore plus indispensable je trouve que les 50 abdos et les 5 fruits et légumes par jour que nous recommandent les pouvoirs médicaux.

C’est difficile quand la crise, le chômage, le divorce, la pression pour toujours plus de consommation avec toujours moins d’argent nous harcèlent quotidiennement.  

Peut-être nos enfants sont-ils une occasion justement de dire enfin non à beaucoup de choses inutiles ; une occasion de grandir, et de choisir.

Pour cela, il faut s’arrêter un jour sur le côté de la route et faire le point.

Avant d’être grands-parents.

Nos enfants nous attendent.

 

 

Commenter cet article

sylveno 16/11/2011 14:50


J'ai été tellement bien accompagnée dans la découverte de cet enfant par une thérapeute "très juste dans son équilibre" que j'aime bcp accompagner des élèves maintenant et j'espère qu'ils sentent
que je reste à ma juste place, maternant sans étouffer, tenant par la main mais sachant aussi donner la chiquenaude pour que l'oiseau prenne son envol seul. Je me répète mais je partage de coeur
votre façon d'exprimer les choses.


aline major 04/10/2010 14:10


j'ai souvent souffert de ne pas prendre assez de recul avec mon enfance qui fut quelque peu mouvementée. Mais oui bien sûr et très souvent je crois savoir comment faire et parler aux enfants que
j'accueille et qui ont d'énormes souffrances à surmonter pour avancer.
En vous lisant je pense que ce lien, à vif parfois mais si vivant en moi, avec mon enfance me permet de toujours capter la détresse, le chagrin, la colère, la peur des ses enfants qui passent chez
nous familles d'accueils (assistants familiaux).
et que oui, bien sûr que la thérapie est importante pour moi afin de démêler ce qui est de mon enfance et ce, qui est de la leur, de façon à ne pas me laisser emporter par mes expériences pour des
expériences qui leur appartiennent; toute histoire aussi semblable soit -elle étant différente pour chacun d'entre nous.
merci à vous de nous faire réfléchir, c'est tellement bon tout ça pour grandir.


Marie-José SIBILLE 04/10/2010 14:59



Votre sensibilité et votre simplicité témoignent parfaitement de tous ces métiers à faible reconnaissance sociale, mais à énorme intérêt public ... Bon courage pour la suite, et j'espère vous
relire de nombreuses fois.



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